3.362 Additif alimentaire, E392 Extrait de romarin

L’extrait de romarin est un antioxydant naturel issu des feuilles de romarin. Il contient plusieurs composés aux propriétés antioxydantes qui appartiennent à la classe des acides phénoliques, des flavonoïdes, des diterpénoïdes et des terpènes. L'extrait de romarin protège les matières grasses de l'oxydation. Il est notamment employé dans les huiles, les matières grasses, certains produits secs à base de pomme de terre, des produits à base d'œuf ou de poisson. Sa consommation ne soulève pas d'inquiétude particulière.

1. Définition détaillée

L’extrait de romarin (E-392) est une préparation concentrée obtenue à partir des feuilles de Rosmarinus officinalis (ou Salvia rosmarinus selon la nomenclature actuelle). Ses principaux constituants actifs sont les diterpènes phénoliques — principalement l’acide carnosique et le carnosol — responsables de son activité antioxydante.
Cet additif est utilisé dans l’industrie agroalimentaire comme antioxydant naturel pour ralentir l’oxydation des matières grasses et prolonger la durée de conservation des produits riches en lipides.


2. Autres noms, synonymes et dénominations linguistiques

  • Noms usuels : Extrait de romarin, Rosemary extract
  • Synonymes / désignations : E-392, Rosmarinus officinalis leaf extract
  • Langues :
    • Anglais : Rosemary extract
    • Latin / botanique : Rosmarinus officinalis L. ou Salvia rosmarinus
    • Abréviations courantes : CA = acide carnosique ; CN = carnosol

3. Principales propriétés

3.1 Propriétés chimiques

  • Constituants principaux : acide carnosique, carnosol et acide rosmarinique
  • Famille chimique : diterpènes abétanes à structure polycyclique
  • Stabilité : l’acide carnosique s’oxyde facilement en carnosol sous l’effet de la chaleur, de la lumière ou de l’air

3.2 Propriétés physiques

  • Aspect : extrait visqueux, couleur jaune-brun à brun foncé
  • Solubilité : peu soluble dans l’eau, bien soluble dans les graisses et solvants organiques
  • Volatilité : faible ; contient de faibles quantités d’huiles essentielles volatiles

3.3 Propriétés fonctionnelles

  • Rôle : antioxydant naturel efficace pour limiter le rancissement des lipides
  • Applications : huiles végétales, produits carnés, poissons transformés, margarines, pâtisseries grasses, sauces et plats préparés

3.4 Propriétés d’utilisation

  • Formes commerciales : oléorésines, extraits standardisés (5–40 % d’acide carnosique + carnosol), poudres micro-encapsulées
  • Limites réglementaires (UE) : de 15 mg/kg à 150 mg/kg selon la teneur en matière grasse du produit (valeurs exprimées sur base grasse)
  • Bonnes pratiques : incorporation dans la phase lipidique et protection contre la lumière lors du stockage

4. Sécurité et toxicité

Les évaluations toxicologiques réalisées par la FAO/OMS (JECFA) et l’EFSA concluent à une bonne tolérance de l’extrait de romarin.

  • ADI (dose journalière admissible) : 0–0,3 mg/kg de poids corporel (somme acide carnosique + carnosol)
  • NOAEL (dose sans effet observé) : 64 mg/kg p.c./jour dans les études animales
  • Pas d’évidence de génotoxicité, de cancérogénicité ni d’effets sur la reproduction aux niveaux d’exposition alimentaire.
  • Les réactions allergiques sont rares et généralement liées à une sensibilité botanique individuelle.

5. Propriétés analytiques

Les laboratoires de contrôle utilisent principalement :

  • HPLC-UV ou HPLC-DAD : dosage de l’acide carnosique et du carnosol
  • LC-MS/MS : confirmation structurelle et quantification précise
  • GC-MS : analyse complémentaire des composés volatils
  • Essais de stabilité : suivi de l’oxydation des diterpènes et de la conservation antioxydante dans les matrices lipidiques

6. Recommandations d’usage

  • Employer des extraits standardisés pour garantir la constance de l’activité antioxydante.
  • Éviter l’exposition prolongée à la chaleur et à la lumière.
  • Respecter les plafonds réglementaires selon la catégorie d’aliments.
  • Documenter la traçabilité et les résultats analytiques dans les dossiers qualité.

7. Conclusion

L’E-392 – extrait de romarin constitue une alternative naturelle aux antioxydants synthétiques (BHA, BHT). Il combine efficacité, sécurité toxicologique et origine végétale, tout en répondant aux exigences réglementaires européennes. Son utilisation est particulièrement pertinente dans les produits à forte teneur en lipides où la stabilité oxydative est essentielle.


Où peut-on le retrouver

1. Industrie Alimentaire et Nutritionnelle

L’extrait de romarin (E-392) est principalement utilisé comme antioxydant naturel pour protéger les aliments riches en graisses contre le rancissement.
On le retrouve dans :

  • Les huiles végétales, margarines et graisses animales.
  • Les snacks, produits de boulangerie et céréales enrichies en lipides.
  • Les plats cuisinés, viandes et poissons transformés.
  • Les produits laitiers et sauces émulsionnées.
    Son rôle principal est de préserver la stabilité oxydative, prolongeant la durée de conservation sans recourir à des additifs de synthèse comme le BHA ou le BHT.

2. Industrie Pharmaceutique

Dans le domaine pharmaceutique, l’extrait de romarin est employé pour ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et antimicrobiennes.
Il sert :

  • D’ingrédient dans les compléments alimentaires favorisant la protection cellulaire.
  • De stabilisant dans certaines formulations huileuses (gélules molles, sirops).
  • Comme agent de conservation naturel dans les pommades et crèmes médicamenteuses.

3. Cosmétique et Soins de la Peau

Dans la cosmétique, l’extrait de romarin est un agent antioxydant et purifiant très prisé.
Applications typiques :

  • Soins du visage et crèmes anti-âge, grâce à la présence de carnosol et d’acide carnosique.
  • Shampoings et lotions capillaires, pour leurs effets tonifiants sur le cuir chevelu.
  • Produits solaires, où il aide à stabiliser les formules sensibles aux UV.

4. Agriculture et Pêche

En agriculture, l’extrait de romarin peut être intégré comme additif naturel dans les aliments pour animaux afin de limiter l’oxydation des graisses et améliorer la qualité nutritionnelle des produits animaux (viande, lait, œufs).
Dans le secteur halieutique, il est utilisé pour :

  • Retarder l’oxydation des poissons gras.
  • Améliorer la stabilité des huiles de poisson destinées à la consommation humaine ou animale.

5. Biotechnologie et Recherche

L’extrait de romarin est étudié comme source naturelle de polyphénols bioactifs (carnosol, acide carnosique, rosmanol).
Les laboratoires de recherche s’y intéressent pour :

  • Le développement d’antioxydants naturels à haute stabilité thermique.
  • Des applications en nanotechnologie alimentaire et pharmaceutique.
  • Des études sur la bio-accessibilité et biodisponibilité des composés phénoliques.

6. Produits de Nettoyage

Grâce à ses propriétés antimicrobiennes, l’extrait de romarin peut servir dans les formulations écologiques de détergents et produits d’entretien.
Il agit comme agent conservateur et désodorisant naturel dans certains produits ménagers biodégradables.


7. Industrie du Verre et des Céramiques

Son usage est rare, mais des recherches explorent ses extraits sous forme de composés volatils antioxydants destinés à améliorer la durabilité de certains polymères ou vitrages organiques.
L’intérêt principal réside dans son potentiel comme agent stabilisant naturel pour matériaux organiques sensibles à la lumière et à l’oxydation.


8. Applications Chimiques

Dans le secteur chimique, E-392 est utilisé comme antioxydant naturel de remplacement aux phénols synthétiques.
On le retrouve notamment dans :

  • Les lubrifiants biodégradables.
  • Les formulations d’encres et de résines naturelles.
  • Les additifs techniques pour polymères alimentaires.

9. Applications Techniques

L’extrait de romarin est parfois intégré dans des procédés techniques de stabilisation de matériaux bio-sourcés, de films plastiques alimentaires et de produits d’emballage écologiques.
Son efficacité repose sur la synergie entre ses composés actifs, offrant une alternative durable aux antioxydants de synthèse.


Précautions, Sécurité et Réglementation


1. Industrie Alimentaire et Nutritionnelle

L’extrait de romarin (E-392) est considéré comme sûr pour une utilisation alimentaire lorsqu’il est employé dans les limites autorisées par la réglementation européenne.
Il agit principalement comme antioxydant naturel, prévenant l’oxydation des graisses et huiles alimentaires.
Les précautions concernent surtout la concentration d’utilisation : un dosage excessif peut influencer le goût ou l’arôme des produits.
Les fabricants doivent également garantir la pureté de l’extrait (absence de solvants résiduels ou de contaminants).


2. Industrie Pharmaceutique et Médicale

Dans le domaine pharmaceutique, l’extrait de romarin est valorisé pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, mais il peut interagir avec certains médicaments.
Des précautions doivent être prises pour éviter des interactions possibles avec des anticoagulants, antihypertenseurs ou traitements hormonaux.
Il est recommandé d’obtenir une évaluation toxicologique complète avant intégration dans un médicament ou un complément nutritionnel.


3. Cosmétique et Soins de la Peau

En cosmétique, les extraits de romarin sont utilisés comme agents antioxydants, purifiants et stabilisateurs.
Les produits contenant ces extraits doivent respecter les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et les exigences du Règlement (CE) n° 1223/2009.
Les précautions incluent la vérification de la tolérance cutanée : bien que rares, certaines personnes peuvent présenter des irritations ou des réactions allergiques locales.


4. Agriculture et Pêche

L’extrait de romarin est employé dans l’alimentation animale comme agent antioxydant naturel, sans effet toxique documenté aux doses usuelles.
Cependant, son usage est strictement réglementé par les autorités vétérinaires pour garantir la sécurité alimentaire et éviter toute accumulation dans les produits d’origine animale.


5. Biotechnologie et Recherche

Les précautions portent sur la standardisation des extraits : la concentration en acide carnosique et carnosol doit être connue pour assurer la reproductibilité des essais.
En recherche, la manipulation nécessite des conditions de stockage adéquates pour éviter l’oxydation et la dégradation du produit.


6. Produits de Nettoyage

Dans les produits de nettoyage écologiques, le romarin est utilisé comme agent antimicrobien naturel.
Les risques d’exposition cutanée ou respiratoire sont faibles, mais une évaluation de sécurité du mélange reste obligatoire selon le règlement CLP (Classification, Labelling, Packaging).


7. Autres Industries

Les applications techniques (verre, polymères, résines) requièrent un contrôle strict du processus d’incorporation afin d’éviter la dégradation thermique de l’extrait.
Dans ces domaines, l’extrait n’est pas classé comme substance dangereuse mais doit être manipulé dans des conditions de ventilation adéquates.


RÉGLEMENTATION

Réglementation détaillée dans le secteur alimentaire

L’extrait de romarin (E-392) est autorisé comme additif alimentaire dans l’Union européenne.
Il figure à l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008 sur les additifs alimentaires, et ses conditions d’utilisation sont précisées par le règlement (UE) n° 723/2013.
Les limites maximales d’emploi varient selon la catégorie de denrées : par exemple, 30 à 400 mg/kg selon le produit (huiles, viandes, sauces, etc.).

Réglementation dans les cosmétiques

Dans le secteur cosmétique, les extraits de romarin sont autorisés sous conditions de pureté et doivent apparaître dans la liste INCI.
Leur emploi doit être conforme au règlement (CE) n° 1223/2009, et les producteurs doivent fournir des rapports de sécurité conformes à l’article 10 du même règlement.

Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF)

Les BPF exigent le contrôle de la matière première, la traçabilité, l’absence de contaminants chimiques et microbiologiques, et le respect des spécifications de pureté définies par le Codex Alimentarius.

Limites d’utilisation

Les limites d’emploi sont fixées pour éviter une ingestion excessive d’acide carnosique et de carnosol.
Le niveau maximal total autorisé est d’environ 0,5 mg/kg de poids corporel par jour pour un adulte, selon les estimations de l’EFSA.


TOXICITÉ ET SÉCURITÉ

1. Sécurité et Toxicité

Les études toxicologiques montrent une faible toxicité orale et cutanée.
Aucune cancérogénicité ni mutagénicité n’a été observée.
Les effets indésirables sont rares et généralement bénins : légères nausées, inconfort digestif ou irritation cutanée.

2. Précautions

Les extraits hautement concentrés doivent être dilués avant usage.
Ils doivent être conservés à l’abri de la lumière, de l’humidité et de la chaleur pour éviter l’oxydation des composés actifs.

3. Utilisation sûre

Les fabricants doivent s’assurer que le produit est conforme aux spécifications de pureté (≥ 10 % d’acide carnosique + carnosol) et exempt de solvants résiduels supérieurs aux seuils réglementaires.

4. Évaluation de la sécurité

L’EFSA a confirmé que l’additif E-392 ne présente aucun risque sanitaire notable aux doses autorisées, avec une Dose Journalière Admissible (DJA) fixée à 0,3 mg/kg p.c.

5. Recommandations

Il est recommandé de limiter l’usage chez les personnes souffrant de troubles hépatiques ou rénaux sévères.

6. Consulter un professionnel de la santé

Toute utilisation à but thérapeutique doit être supervisée par un professionnel de santé, notamment pour éviter les interactions médicamenteuses.

7. Surveillez les effets secondaires

Les réactions indésirables (troubles digestifs, allergies cutanées) doivent être signalées et surveillées, particulièrement en cas d’utilisation prolongée.


ALTERNATIVES

Alternatives naturelles

  • Extraits de sauge, de thé vert ou de romarin espagnol (variétés différentes).
  • Tocophérols naturels (vitamine E).
  • Extraits de curcuma ou de raisin (polyphénols).

Alternatives synthétiques

  • BHA (butylhydroxyanisole)
  • BHT (butylhydroxytoluène)
  • TBHQ (tert-butylhydroquinone)

Ces substituts sont efficaces mais font l’objet de restrictions plus strictes en raison de leur origine synthétique et de leur toxicité potentielle.


AUTRES UTILISATIONS POSSIBLES

1. Industries alimentaires

Amélioration de la stabilité des huiles, margarines, viandes et snacks.

2. Industries cosmétiques

Stabilisation des formules sensibles à l’oxydation, parfums naturels.

3. Industries pharmaceutiques et médicales

Préservation de la stabilité des préparations huileuses et des extraits végétaux sensibles.

4. Industrie du bricolage et matériaux de construction

Usage exploratoire comme stabilisant dans des colles naturelles et vernis écologiques.

5. Fabrication du verre et céramique

Études expérimentales sur les antioxydants végétaux pour films de protection organiques.

6. Applications médicales

Recherches sur les propriétés anti-inflammatoires, neuroprotectrices et antimicrobiennes.

7. Agriculture et horticulture

Agent antioxydant dans l’alimentation animale et conservateur naturel pour les produits végétaux.

8. Produits de nettoyage

Composant des nettoyants biodégradables et désodorisants naturels.

9. Usage en élevage

Additif naturel pour la conservation des graisses dans l’alimentation animale.

10. Autres utilisations possibles

Applications techniques dans la stabilisation de polymères biosourcés et films alimentaires écologiques.


CONSIDÉRATIONS DE SÉCURITÉ

Toxicité et effets indésirables

Faible toxicité aiguë, effets secondaires rares : nausées, irritations cutanées, réactions allergiques.

Recommandations d’utilisation

Toujours respecter les dosages réglementés et éviter les produits non standardisés.

Interactions médicamenteuses

Risque théorique avec les anticoagulants, antihypertenseurs et diurétiques.

Dosage et surdosage

Une consommation excessive peut provoquer des troubles digestifs ou des céphalées.

Populations spécifiques

Prudence chez les femmes enceintes, enfants et personnes âgées.

Entreposage

Conserver dans un récipient hermétique, à température ambiante, à l’abri de la lumière et de l’humidité.


TOXICITÉ

Évaluation de la toxicité

Les études à long terme indiquent une bonne tolérance chez les animaux et les humains.

Profil général

Non mutagène, non génotoxique, non tératogène.

Effets secondaires potentiels

Réactions digestives légères, sécheresse buccale, irritation cutanée.

Groupes à risque

Personnes allergiques aux Lamiacées (romarin, menthe, sauge).

Limitations et recommandations

Respecter les seuils légaux pour éviter les effets cumulatifs.


RISQUES POTENTIELS POUR LA SANTÉ

Réactions allergiques, troubles gastro-intestinaux, interactions médicamenteuses, insuffisance rénale, et effets inconnus à long terme en cas d’exposition chronique.


AUTRES RISQUES POTENTIELS

Perturbations endocriniennes possibles à très forte dose, risque faible d’accumulation environnementale, ingestion accidentelle non toxique mais à éviter, prudence dans les mélanges avec solvants organiques.


DOSAGE MAXIMUM DANS LES PRODUITS TRANSFORMÉS

  • Produits alimentaires : 30 à 400 mg/kg selon la catégorie.
  • Compléments alimentaires : conforme à la DJA de 0,3 mg/kg p.c./jour.
  • Cosmétiques : jusqu’à 0,5 % selon la formule et le type de produit.
  • Étiquetage obligatoire lorsque la fonction antioxydante est revendiquée.

Réglementation Internationale du E-392 (Extrait de Romarin)


🇨🇦 CANADA

Liste des agents de conservation autorisés (Listes des additifs alimentaires autorisés)

Au Canada, l’extrait de romarin est reconnu comme additif alimentaire autorisé figurant sur la Liste des additifs alimentaires autorisés – agents de conservation publiée par Santé Canada.
Il peut être utilisé dans les graisses, huiles, margarines, produits carnés et autres denrées contenant des lipides sensibles à l’oxydation.
Les niveaux d’utilisation doivent respecter les bonnes pratiques de fabrication (BPF) et ne pas dépasser la quantité nécessaire à l’effet technologique recherché.

Liste des additifs alimentaires autorisés ayant d'autres utilisations acceptées

L’extrait de romarin peut également être classé parmi les additifs ayant d’autres fonctions technologiques (ex. antioxydant ou stabilisant) selon le type de formulation alimentaire.
Il est soumis à la Loi sur les aliments et drogues (LAD) et au Règlement sur les aliments et drogues (RAD), Partie B.16.

DSL – Liste intérieure des substances (Domestic Substances List)

Les constituants majeurs de l’extrait de romarin (acide carnosique, carnosol, acide rosmarinique) sont inscrits sur la Liste intérieure des substances (DSL) de l’Environnement Canada.
Cela signifie qu’ils sont considérés comme existants au Canada et non assujettis à la déclaration préalable selon la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE).

Liste des produits chimiques préoccupants, non réglementés

À ce jour, l’extrait de romarin ne figure pas sur la liste des substances chimiques préoccupantes de Santé Canada ni sur la Liste des substances d’intérêt prioritaire.
Il n’est pas identifié comme substance toxique ni restreinte dans les produits de consommation.


🇺🇸 ÉTATS-UNIS

Liste des substances ajoutées aux aliments – Substances Added to Food (anciennement EAFUS)

Aux États-Unis, l’extrait de romarin est inscrit dans la base Substances Added to Food (SAF), qui remplace l’ancien système EAFUS de la Food and Drug Administration (FDA).
Il bénéficie du statut GRAS (Generally Recognized As Safe), reconnu par la FEMA (Flavor and Extract Manufacturers Association) pour un usage comme antioxydant naturel dans les aliments gras.

PART 172 — Food Additives Permitted for Direct Addition to Food for Human Consumption

Sous la Title 21 CFR Part 172, section Subpart B – Food Preservatives, l’extrait de romarin est accepté comme antioxydant direct pour certaines catégories d’aliments, conformément aux normes de pureté de la Food Chemicals Codex (FCC).

Section 21 du CFR

La Section 21 CFR encadre l’utilisation directe et indirecte des additifs alimentaires, y compris les substances extraites de plantes aromatiques.
Les extraits de romarin doivent répondre aux bonnes pratiques de fabrication (GMP), avec des niveaux de solvants résiduels inférieurs aux seuils établis par la FDA.

PART 175 — Indirect Food Additives: Adhesives and Components of Coatings

L’extrait de romarin peut également être utilisé comme stabilisant antioxydant dans certains revêtements d’emballage alimentaire (films, colles, enduits), sous la partie 175 du Code of Federal Regulations.

OTC Active Ingredients et DrugPortal

Le DrugPortal (base réglementaire des médicaments OTC et sur ordonnance de la FDA) répertorie le romarin comme ingrédient botanique reconnu pour ses propriétés antiseptiques et antioxydantes.
Cependant, l’extrait E-392 n’a pas d’autorisation spécifique en tant qu’actif pharmaceutique et ne peut être revendiqué comme médicament sans approbation de la FDA.


🇪🇺 EUROPE — EINECS et Réglementations Associées

Inventaire Européen des Substances Chimiques Existantes (EINECS)

Les composés principaux de l’extrait de romarin sont inscrits à l’Inventaire EINECS, ce qui atteste de leur présence légale sur le marché européen avant 1981.
Ils ne sont donc pas considérés comme de “nouvelles substances” au sens du règlement REACH.

Réglementation REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals)

Sous REACH, l’extrait de romarin n’est ni classé comme dangereux, ni soumis à enregistrement individuel, car il est d’origine végétale et répond aux critères d’exemption pour les substances naturelles non modifiées chimiquement.
Les opérateurs doivent cependant garantir la traçabilité et la sécurité d’utilisation conformément aux annexes IV et V du règlement.

Classification CLP (Classification, Labelling and Packaging)

L’extrait de romarin n’est pas classé comme dangereux selon le règlement CLP (CE) n° 1272/2008.
Il ne présente pas de pictogramme de danger, ni de mention H (Hazard statement) applicable dans les conditions normales d’usage.

Réglementation alimentaire européenne

L’additif E-392 figure à l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008, et ses spécifications techniques sont fixées par le règlement (UE) n° 231/2012.
Son usage est autorisé dans de nombreuses catégories de produits alimentaires, à des doses allant de 30 à 400 mg/kg, selon la nature du produit.

Évaluation EFSA (European Food Safety Authority)

L’EFSA a réévalué la sécurité du E-392 en 2018.
Les conclusions indiquent que l’extrait de romarin ne présente aucun risque sanitaire notable aux niveaux d’exposition estimés.
Une Dose Journalière Admissible (DJA) de 0,3 mg/kg de poids corporel par jour a été fixée sur la base de l’acide carnosique et du carnosol.

Réglementation cosmétique européenne

Conformément au règlement (CE) n° 1223/2009, les extraits de romarin peuvent être utilisés dans les produits cosmétiques sous les dénominations INCI Rosmarinus officinalis (Rosemary) Leaf Extract ou Rosmarinus officinalis Oil.
Ils sont considérés comme sûrs pour une application cutanée, sous réserve d’un contrôle de pureté et de conformité microbiologique.

Surveillance et conformité

Les autorités européennes (DGCCRF, EFSA, ECHA) assurent une surveillance permanente du marché pour vérifier la conformité des extraits commercialisés avec les spécifications officielles.
Les opérateurs doivent conserver une fiche de données de sécurité (FDS) et une documentation technique complète sur la composition, la pureté et l’origine du produit.

Perspectives réglementaires

La tendance actuelle dans l’Union européenne vise à favoriser les antioxydants d’origine naturelle tels que l’extrait de romarin, dans le cadre de la stratégie “Farm to Fork” et du Green Deal européen.
Des révisions à venir du règlement sur les additifs pourraient élargir ou ajuster les conditions d’emploi de cet extrait dans de nouvelles catégories de produits.


Source de l’additif

Origine de l’additif

  • Origine naturelle : Oui — l’extrait est obtenu à partir des feuilles de la plante aromatique Rosmarinus officinalis (romarin). PMC+2Cloudinary+2
  • Origine synthétique : Non — l’additif n’est pas synthétisé à partir de zéro, mais peut être obtenu par extraction (solvants, CO₂ supercritique) de la plante. eur-lex.europa.eu+1

Statut et origine de l’additif

  • Végétale : Oui — issu des feuilles de romarin, plante de la famille des Lamiacées.
  • Animale : Non — aucun composant d’origine animale.
  • Minérale : Non — pas de composant minéral comme matière première.
  • Synthétique : Non — bien que des procédés puissent inclure solvants/modifications, la substance active reste d’origine végétale.

Convient aux régimes

  • Végétarien : Oui — convient aux régimes végétariens (origine végétale).
  • Végétalien : Oui — aucun ingrédient d’origine animale n’est utilisé.
  • Halal : Très probablement oui — en l’absence de matières animales ou d’alcool résiduel problématique selon fournisseur, mais la certification dépend du producteur.
  • Kosher : Très probablement oui — comme pour l’halal, dépend de la chaîne de production mais l’origine végétale est favorable.
  • Biologique : Potentiellement — s’il provient d’agriculture biologique et que le cahier des charges biologique est respecté, l’extrait peut être utilisé dans des produits « bio ».
  • Sans gluten : Oui — l’extrait de romarin ne contient pas de gluten en tant que tel, mais attention aux excipients ou additifs dans la formulation finale.
  • Sans noix : Oui — origine végétale distincte des fruits à coque, mais vérifier absence de contamination croisée en usine.
  • Sans œufs : Oui — aucun œuf n’est requis dans la production typique de l’extrait.

Recommandations de vérification

  • Vérifier que l’extrait est standardisé (par exemple en pourcentage d’acide carnosique + carnosol) et que la fiche technique (FT) est fournie.
  • Demander un certificat d’analyse (COA) récent, qui confirme la teneur en principes actifs et l’absence de solvants résiduels/excès.
  • Vérifier la traçabilité botanique, l’origine géographique, la méthode d’extraction (solvant, CO₂, etc).
  • S’assurer que le produit est conforme aux spécifications réglementaires applicables (par exemple, pour l’UE : régime de l’additif E-392, voir réglementation).
  • Vérifier que l’extrait est produit dans un site respectant les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF/GMP) et que les tests de pureté/microbiologie sont réalisés par un laboratoire accrédité.
  • Pour les allégations « Bio », « Sans gluten », « Halal », « Kosher », demander les certifications correspondantes (par exemple organisme de certification biologique, certificat Halal/Kosher).
  • Contrôler la présence d’éventuels allergènes ou contaminations croisées (ex. noix, arachides) via le certificat d’analyse et la déclaration de l’usine.
  • Vérifier le dossier de sécurité et la conformité aux exigences locales (ex. alimentation, cosmétique) selon l’usage prévu.

AVANTAGES

Avantages technologiques

  • Protection antioxydante exceptionnelle : l’extrait de romarin permet de neutraliser les radicaux libres et de ralentir les réactions d’oxydation des lipides dans les aliments et matrices grasses.
  • Extension significative de durée de vie : grâce à son action antioxydante, il aide à prolonger la durée de conservation des produits sensibles à l’oxydation (huiles, viandes, sauces).
  • Préservation des qualités organoleptiques : maintien de la couleur, de l’arôme et du goût des produits grâce à la protection contre les altérations oxydatives.

Avantages économiques

  • Réduction significative des pertes : en diminuant le taux de détérioration des produits, il permet de limiter les rebuts et les pertes liées au vieillissement ou à la rancidité.
  • Optimisation de la production : meilleure stabilité des matières premières et des produits finis, ce qui facilite la planification et réduit les inefficacités.
  • Rapport coût-efficacité exceptionnel : un dosage relativement faible peut suffire à fournir une protection efficace, ce qui en fait une solution compétitive par rapport aux antioxydants de synthèse.

Avantages réglementaires et sécuritaires

  • Statut réglementaire favorable : reconnu dans plusieurs marchés (UE, USA, Australie etc.) comme additif ou ingrédient autorisé, ce qui facilite son adoption.
  • Profil toxicologique rassurant : les études montrent une bonne tolérance à des concentrations d’usage, avec peu de signaux négatifs pour la santé.
  • Compatibilité alimentaire excellente : adapté aux formulations alimentaires variées, y compris celles labellisées « naturel » ou « clean-label », ce qui est un atout pour les fabricants.

Avantages environnementaux

  • Réduction de l’impact écologique : en tant qu’ingrédient d’origine végétale, il contribue à remplacer des antioxydants synthétiques potentiellement plus lourds en termes d’empreinte.
  • Économie circulaire : provenant d’une plante cultivée et pouvant être utilisée dans plusieurs industries, il s’intègre bien dans des stratégies d’approvisionnement durable.

Avantages technologiques spécifiques

  • Applications industrielles avancées : adapté à des formulations modernes (ex. sauces, snacks, huiles, produits carnés) avec des défis d’oxydation importants.
  • Innovation produits : permet de développer de nouveaux produits « naturels », « sans additifs synthétiques » ou « clean label ».
  • Qualité constante : grâce à l’extraction standardisée et au contrôle analytique, on obtient une activité antioxydante reproductible.

Position de l’additif pour la FEMA (Flavor and Extract Manufacturers Association)

  • Statut général dans la base FEMA : L’extrait de romarin est listé comme ingrédient aromatique autorisé et reconnu comme GRAS (Generally Recognized As Safe) pour l’usage alimentaire.
  • Classification GRAS : Reconnu GRAS pour ses usages traditionnels comme antioxydant dans les huiles et produits gras.
  • Usage dans l’industrie aromatique : Utilisé comme stabilisateur naturel et antioxydant dans les huiles, arômes et préparations alimentaires sensibles à l’oxydation.
  • Évaluations FEMA Expert Panel : Les panels experts de la FEMA ont confirmé la sécurité et l’efficacité de l’extrait de romarin pour les doses d’usage.
  • Base de données FEMA : Contient les informations sur la composition chimique, les limites d’usage et la pureté requise.
  • Position réglementaire américaine : Conformité avec le statut GRAS et les sections 172 & 175 du CFR pour usage direct ou indirect dans les aliments.
  • Surveillance et conformité : Contrôle via FDA et inspections GMP des installations de production.
  • Perspectives et évolutions : Forte demande pour les antioxydants naturels dans les formulations alimentaires “clean label”.
  • Documentation disponible : Fiches techniques, certificats d’analyse, études toxicologiques et rapports FEMA.

Utilisation maximum par catégories

  • Huiles et matières grasses : jusqu’à 400 mg/kg
  • Produits carnés et charcuterie : 30–150 mg/kg
  • Sauces et condiments : 30–100 mg/kg
  • Snacks et produits transformés : selon besoin technologique, généralement ≤ 200 mg/kg

RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE (UE)

  • Règlement (UE) n° 1129/2011 : Inscrit à l’annexe II en tant qu’additif antioxydant naturel (E‑392).
  • Spécifications techniques : Règlement (UE) n° 231/2012, pureté ≥ 10 % acide carnosique + carnosol.
  • Évaluation EFSA : DJA recommandée : 0,3 mg/kg p.c./jour.

RÉGLEMENTATION AMÉRICAINE (FDA)

  • 21 CFR Part 172 & 175 : Autorisé comme additif direct et indirect dans les aliments.
  • Limites générales FDA : Usage selon bonnes pratiques de fabrication, quantité suffisante pour l’effet antioxydant.
  • Applications spécifiques FDA : Huiles, margarines, produits carnés, revêtements alimentaires, encres alimentaires et arômes.

AUTRES RÉGLEMENTATIONS MONDIALES

  • Canada (Santé Canada) : Inscrit sur la liste des additifs alimentaires autorisés, statut GRAS reconnu.
  • Australie/Nouvelle-Zélande (FSANZ) : Usage autorisé selon Code alimentaire australien et néo-zélandais.
  • Japon (MHLW) : Autorisé comme antioxydant naturel dans certaines catégories d’aliments.
  • Chine (GB Standards) : Reconnu comme additif sûr dans les produits transformés.

RESTRICTIONS ET INTERDICTIONS

  • Produits interdits universellement : Aucun interdit connu pour l’extrait de romarin.
  • Restrictions spéciales : Respect des limites maximales selon type de produit et réglementation locale.
  • Calculs pratiques d’usage : Basés sur le poids final du produit et la concentration en acide carnosique + carnosol.

Ses fonctions (INCI)

  • Rosmarinus officinalis (Rosemary) Leaf Extract : agent antioxydant, stabilisateur, conservateur naturel pour cosmétiques et produits alimentaires.

Produit qui en contient

  • Huiles et margarines naturelles
  • Produits carnés transformés
  • Sauces et condiments
  • Produits cosmétiques : crèmes, lotions, sérums, savons naturels

Liste EWG

  • Évalué comme ingredient à faible risque sur la base des données disponibles pour l’usage cosmétique.

SEARCH PRODUCTS – Chercher produits

  • Find Products With This Ingredient : recherche possible via bases de données FDA, Open Food Facts, CosIng (UE) pour identifier les produits contenant l’extrait de romarin.

Autres informations

  • Formes disponibles : poudre, liquide, concentré standardisé.
  • Méthodes d’extraction : solvants alimentaires, CO₂ supercritique.
  • Stockage : à l’abri de la lumière, température ambiante, hermétique.
  • Durée de conservation : généralement 24 mois, selon conditions de stockage et formulation.

Bibliographie

📚 Bibliographie (avec liens officiels)

Birtić S. et al. (2015) — Carnosic Acid and Carnosol: Review of Their Chemistry and Properties (ScienceDirect)
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0031942214005585

FAO/WHO JECFA — Monograph / database entry: “Rosemary extract”
https://apps.who.int/food-additives-contaminants-jecfa-database/Home/Chemical/6311

FAO (Open Knowledge)ROSEMARY EXTRACT (INS No. 392)
https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/e38aeafd-8221-4d24-8362-fb86c5620f23/content

EFSA Journal (2018)Refined exposure assessment of extracts of rosemary (E 392) as a food additive
https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/5373

Commission Regulation (EU) No 723/2013 — Modifiant les niveaux d’utilisation de l’extrait de romarin
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=CELEX%3A32013R0723

CIR (Cosmetic Ingredient Review)Safety Assessment: Rosmarinus officinalis (Rosemary) (2014)
https://www.cir-safety.org/sites/default/files/rosmar062014FR.pdf

Mantzourani C. et al. (2023) — Carnosic Acid and Carnosol: Analytical Methods… (MDPI)
https://www.mdpi.com/2297-8739/10/9/481

Choi S-H. et al. (2019) — Development and Validation of an Analytical Method for Carnosol, Carnosic Acid and Rosmarinic Acid in Food Matrices (PMC)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6466591/